serpent loup

irradiée à fond
une méduse à la place de la tête
violence crie
tout détruire
truc de ouf
TSSS TSSS TSSS
griffes dehors dedans femme serpent
truc de dingue
autant de violence
cachée
mais où
mais où m’étais-je cachée la réalité si longtemps ?
femme loup attaquée défend son territoire
femme loup attaquée toute puissante
femme loup attaquée toute puissante se prend oppression dans la gueule
dans la gueule
dans la gueule la femme loup
dans la gueule la femme loup se fait baiser en grande violence
elle se prend la réalité oppression dans la gueule
dans la gueule la femme loup se fait baiser la gueule
et crève
et crève maintenant
avec tes bons sentiments
avec ta structure de l’ego remanié
crève
copernic
crève
comment ça l’univers tourne pas autour de l’espèce humaine
crève femme loup dans ta gueule on te baise
dans ta gueule l’univers tourne pas rond
crève
cachée puissante opprimée
debout couché donne la patte
crève
crève
la femme serpente dans la louve
la femme serpent louve
ça pète un câble
ça se révolte sous l’écaille
ça s’emballe les 4 pattes
GRR TSS TSS
TTSSSi
méchant
méchant
truc de ouf
putain merde
putain c’est la merde
le monde à l’envers
merde
le précipice
c’est la merde
dedans
dedans l’ego fonce
dedans
merde
l’agression
l’agression
AHHHHHHHHHHRG
FUCK !
ça fait mal le delbor là !
merde
le monde à l’envers
merde
regard à l’endroit
merde
merde le regard à l’endroit qui fait mal sur le monde qui tourne par rond dans l’univers de la gueule
vomis
vomis moi ça
vomis
merde
vomis
merde
vomis
AHHHHHRG
irradiée
4eme degré
vomis
vomis moi ça
merde
femme loup serpente
assiégée
à terre
assiégée
pas crever
pas crevée
la résistance
femme loup serpente grave dans les radiations
femme loup OUhOUH
AHAHAHAHAH
femme loup LA !
AHAHAHAHAHAHA
irradiée à fond
la violence du monde qui tourne pas rond irradiée à fond
une méduse à la place de la tête
violence crie
prête à tout détruire
truc de ouf
TSSS TSSS TSSS
griffes dehors dedans femme serpent
un truc de dingue
autant de violence
cachée
mais où
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Un corps vivant

Hier soir c’était l’ouverture de la grosse commission de manipulation publique pour l’acceptabilité locale d’un Center Parcs.
Dès les premiers mots de Christian Leyrit, le président de la commission, en costume fraîchement descendu du TGV, le raifort m’est monté au nez.
“Je suis heureux de revenir sur le Jura après notre beau travail pour l’A39”
Et puis les slides d’un PowerPoint où Rio Climat 92 et pourquoi pas Gandhi, l’abbé Pierre ou Jeanne d’Arc ?
Et puis cette autorité mal placée, déplacée, impolie de toutes les bonnes manières, autorité auto-déclarée, autorité auto-déclarée indépendante qui nous dit “nous offrons la parole au citoyen.”
Et puis la poète actionniste qui sommeille en moi m’a possédée, elle a soufflé fort de toutes ses bronches, laissé l’air frotter massivement ses cordes vocales. Elle a vu une onde sonore se matérialiser par le soulèvement des corps assis sur la rangée devant elle.
Un cri long, un cri fort, un AH plutôt aigu mais pas trop.
Sans micro le corps a pris possession de l’espace sonore. A l’ancienne, le corps. Il a fait le silence.
Et puis le corps s’est levé pour crier : “non à la mascarade, votre discours est de la violence morale, de la violence symbolique.”
Et puis tout le monde a gueulé dans la salle.
Et puis le corps s’est rassis, a essayé de se calmer. Il a fermé les yeux et s’est pincé les sinus.
Il a écouté rassuré la voix de Leyrit décontenancée, ses phrases articulées avec moins de sûreté.
Et puis le public a eu le micro, le débat a commencé et l’audience sans cravate a commencé l’ironique et argumentative opération de restitution d’identité, Center Parcs qui voulait faire marcher tout le monde au pas en a pris pour son grade, grave sa mère, n’est pas un développeur et exploitant mais un développant et exploiteur, la commission est indépendante comme un chienchien à son maître, ça s’arrêtait plus de jeter du crottin sur les costumes assis sur l’estrade ou debout au micro.
Et puis le corps a entendu les pro et anti dire qu’il fallait respecter un cadre de parole, argumenter.
Et puis sa main s’est levée et a attendu le micro. Une nouvelle fois, il a parlé dans le micro HF sans rester à sa place de sans cravate. Il a entendu “Ah, non elle va pas nous remettre ça”. Il s’est retourné et à dit avec un accent de salle gosse : “Si si je vais parler comme c’est un débat public”.
Et le corps a remonté l’allée en rappelant l’historique. On nous a dit y a 6 mois que c’étaient les élus qui décident, sous couvert d’être la représentation d’une majorité qui légalement a le droit d’écraser toutes les minorités, dans le plus bel esprit du conflit. Et aujourd’hui on voudrait nous faire croire que l’on a le droit à la parole et qu’on nous propose la paix sociale.
Et puis le corps est arrivé à la hauteur de Christian Leyrit et Claude Brevan qui faisaient une sacrée tronche de paons à qui on aurait coupé les plumes de la roue, et le corps a grimpé sur l’estrade juste derrière eux comme une hirondelle va se poser sur son nid, tout droit à vol d’oiseau, et la gueule de Leyrit a fait une drôle de tête, sa mâchoire du bas s’est déplacée sur un côté et puis de l’autre avec des yeux tous ronds, comme un bœuf qui regarde passer les voitures sur l’A39, pendant que sa tête se penchait d’un côté et puis de l’autre comme un chiot qui essaye de comprendre une situation. Le corps il a vu la scène au ralenti tellement que c’était bon.
Et sur l’estrade le corps n’a même pas vu les élus assis tout au premier rang, tous hommes, de pouvoir, habillés en costume, de pouvoir. Sur l’estrade le corps n’a plus rien vu que son cœur qui battait et sa langue qui pleurait : j’ai mal à la démocratie, nous ne sommes pas en démocratie mais en démocrature, j’ai mal au sens des mots, ça fait mal de voir les mots retournés et détournés, Center parcs est une violence, j’ai mal à mon patrimoine culturel et naturel, j’ai mal et je me sens violentée et comme le bon comté que nous jurassiens on offre aux parisiens, il a regardé Claude Brevan pour dire ça le corps, il était juste en dessous son corps à elle, l’avait une tête de maîtresse d’école furieuse la Brevan, et comme le comté qu’on offre aux parisiens, le corps il a entendu la salle qui aimait ça le comté, et comme le bon comté que nous jurassiens on offre aux parisiens, cette violence je la partage, je ne peux pas la garder. Et le corps s’est baissé vers la Brevan, l’a mis une main sur son torse et l’a dit qu’il avait la prétention de manifester un moment de sincérité dans ce théâtre, il a descendu l’estrade, s’est mis en face de la Brevan, le corps et la présidente de la commission étaient face à face, de profil côté spectateurs,  et le corps a dit droit dans les yeux, comme une jeune élève prétentieuse qui cache pas son dédain à une autorité de fait mais pas de droit, dans cette belle comédie. Dans cette belle comédie. L’essayait d’avoir le sens de l’humour le corps, mais était plus dans le mood de la tragédie. Et le corps a mis le micro entre son corps et celui de la Brevan et lui a dit droit dans les yeux, comme on fait pour parler avec dignité, je vous rends le micro, je vous rends le pouvoir je n’en veux pas. Et la Brevan elle a pris le micro et elle a dit d’un sale ton de salle gosse prise sur le vif, mais j’en veux pas du micro. Et le corps a entendu des applaudissements qui enveloppaient la crainte de Brevan, qui tournaient autour de son corps à elle comme les busards du plateau autour des nids de mulots. Tout le corps du corps l’est redescendu des airs, l’a alors atterri sur le plancher des vaches du premier plateau. Alors l’est reparti seul dans ses montagnes le corps, l’est parti s’asseoir dans les montagnes de corps et de chaises en face de la scène. Son petit corps l’a disparu du cadre et on a zoomé sur l’arrière plan où qu’le corps de la Brevan disparaissait dans le vortex des ailes et des becs des busards. Le corps a disparu dans la montagne de corps et de chaises, l’avait tout lâché, l’avait tout dit. Et personne aime ça qu’on s’lâche, quand on lâche tout. En public. Et les contres étaient dérangés par le corps, hors cadre, hors limite, dérangé de chez dérangeant. Et la cause a dit que ça servait pas la cause d’avoir un corps qui se maîtrise pas. Et le corps l’a entendu tout ça et s’est rabougri. Et puis le corps l’a écouté toutes les prises de paroles, qu’étaient toutes contre, qu’étaient toutes déchaînées, et le corps y s’est calmé, y s’est repu de toutes ces paroles, l’a un peu forcé sur la touche applause le corps. Et puis l’a pas su fermer sa gueule, et puis l’a dit une connerie et l’a su de suite qu’il était trop énervé pour parler encore. Et le corps l’a compris, que c’était la dernière fois qu’y metto les pieds dans une commission de manipulation, qu’y l’avo dit ce qu’l’avait à dire mais qu’lo pouvait pas l’dire à chaq’fois, et le corps s’l’o senti mieux, le côrps c’t’o senti mieux. c’to détendu. l’ avo dit qu’l’éto pas dupe, l’avo sa dignité maintenant, et pis quoeu ? l’avo plus ran d’autre à espérer…pas ici en tout cas. l’avo pleu ran à espérer. et l’côrps direct l’avo pensé à c’qu l’allait faire. Ailleurs, autrement, où c’to que la poésie a le droit de cité. Pas cheu Platon qui voulo tous les mettre dehors les poètes et leur alliance avec la nature.
Le corps l’a bien fait chier tout le monde, c’teu corps, mais c’to pas pour être méchant, c’to pas un méchant corps, c’to juste un corps.
En entier. Un corps qu’avo pas appris la politesse, qui savo pas faire semblant, qui jouo pas le jeu. Un corps vivant.

Demain s’arrête

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Aux premiers jours de la fin du temps, au bas du volcan,

nous sautillons dans le champ de lave,

la terre se dérobe sous nos pieds, nous avons tant creusé,

nous vacillons au bord du trou, nous entamons la chute,

courte et sèche,

l’impact sans appel.

Aux premiers jours de la fin d’un monde, noyés par la sécheresse,

nous allons manquer d’air, nous allons manquer d’aire,

nous avons manqué l’ère,

obscène anthropocène,

nous avons cassé le jouet, nous avons mal joué,

parié à perte,

l’avenir engagé.

Aux premiers jours de la fin de la vie, lente agonie,

quelques décennies de souffrance,

dans l’illusion par perfusion, artificiels comas,

déliquescence glutineuse de biscuit détrempé pour nous réhydrater,

tremblants moutons sucrant les fraises,

filets de souffle derrière les plaintes,

nous glissons sous les portes, petites poussières de chair.

Au premier jour de la fin des jours,

dernier sursaut sans reculer,

nous voyons s’absenter le ciel,

nous sombrons vers la surface, naufragés par terre,

nous entrons dans la fin de l’histoire,

une veille sans lendemain,

trépassés par la case du grand départ,

fenêtre de tir brisée,

l’immonde que nous avons construit, échoué dans le vide,

l’écueil de rien, vacuité en vacance, déshérence du vain.

Fini,

c’est fini, presque fini,

c’est déjà là tout prés, le bout du chemin,

nous allons être révolus, obsolètes programmés,

il n’y aura pas d’après, pas d’ensuite, pas d’en arrière,

le déclin ne se remonte pas,

nous ne pouvons tomber que vers le bas,

mis à l’arrêt. Fin.

Démarrer, Ollivier…

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J’suis un raté. J’suis un raté. Je suis un rararararararaté. J’suis un raté, j’suis un raté, j’suis un ra tétététététététététértrateté, j’suis un raté. J’suis un ratétététété ratétététété un raratététététététététératététététrataratéraratératarérératétététété, raté ! J’suis un rararararatératératératérararaté ra… ra… raté… té ! Raté ! J’suis un ra-té un rat, un ratétététété, un raté ! J’suis un rarararara, J’suis un rarararara, J’suis un rarararara, J’suis un rarararara, J’suis un rarararara-té tété… Un rarararararararaté ! J’suis… j’suis, j’suis… j’suis un ratararararartararatétététété, raté, j’suis un ra-té-ra-té- ra… rarara… raté ! Raté ! J’suis un rararaté, raté… j’suis un rararararararararararatérarararararatratératératérararar peux peux peux peux peu…. té… ratétété rarararara tépeux peux peux peux peux peux peu peux peu peux peu peu peu ra… rahaaaaaaaaaaaaaaaaaaa peux pas…. j’suis un raté… té. Tê !