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Il est beau

non, c’est vrai, il rayonne

il a quelque chose de vivant qui sort de son sourire de ses yeux de sa bouche

quand il ouvre sa bouche, ça rayonne

il dit des choses, y a son cœur dedans qui rayonne

il fait les choses, y a son cœur dedans qui rayonne

il est doux

il a les yeux sauvages

tu sais le regard direct et tendre

presque aussi tendre que ce regard à jamais gravé de cet indien croisé dans la forêt indonésienne avec ce sourire d’enfant conservé dans la poésie du conte

il a le regard profond qui déchire la surface de Deep qui vend son âme comme un parfum d’usine dans les halls d’aéroports

il sent la terre

il a les cheveux un peu longs emmêlés, une casquette qui prend la sueur ou une barbe qui dépasse de partout

et ses gros godillots de chantier ou chaussures de marche

et ses grosses vestes trouvées dans les zones de grat’ ou ailleurs

il est direct et doux

il a cette voix grave et posée

qui pose des mots doux qu’ont du sens

quand il parle avec sa barbe autour sous sa grosse veste dans ses gros godillots

il me regarde et me reconnaît

il me parle et prend soin

prend soin de moi comme une autre

quand il parle avec son regard sauvage il me reconnaît

il sait que je ne suis pas lui

il sait que je ne suis pas pour lui

il sait que je suis avec lui

on se reconnaît

on sait les deux qu’on n’existe que dans le lien

on marche dans la forêt ensemble

on marche côte à côte dans cette forêt qu’on défend

ensemble

on marche

je veux aller cueillir avec lui les mauves fleuries au pied des ruines du château de Mirebel

pour faire des tisanes

je veux marcher avec lui le long de l’Ain pour regarder la vitalité de la tendresse qui écume sur les cailloux moussus

il a un sacré accent

il a de la terre dans la bouche

il mâche la terre dans sa bouche

je mange la terre de sa bouche et lui donne ma salive à planter

il plante

il plante dans mon cœur la terre

j’ai la terre qui me pousse dedans

je rayonne

toute seule

ensemble

on marche

et le drapé de mousse sur les pierres de ce sol karstiques s’étale

et la lumière sous les feuillus  nous caresse les graines qui poussent dans nos cœurs

et nos cœurs de terre se plaisent à pousser

et nos cœurs de terre s’ouvrent meubles

et la tendresse nous coulent dedans

et nous sommes couleur miel de cette lumière de printemps sur l’écorce du foyard

je chante

toute seule

ensemble

on marche

dans la forêt qu’on défend

je suis un renard

ma queue fait onduler mon corps

mes pas de canidé font onduler ma queue

avec son chien

on ondule

avec l’Ain

on ondule

avec les plissements du terrain

on ondule

et mon cœur comme un renard joyeux

saute

traverse

creuse

grimpe

grogne

lèche l’amitié

on milite

on est sauvages

directes et doux les cheveux emmêlés ce sourire d’enfant conservé dans la poésie du conte la vitalité de la tendresse la terre dans la bouche

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