mountain witch’s love

 

 

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in love
psychedelic rock
my mountain
in love
my hair shaking my body

fountain
in love
my wild animals dressing me in queen
in love with the sun o
n the snow
and my mountain
and my mountain
in love
in love
from my lake
i am in love
and swim in
fulness

I am a witch
foxy
beauty
ful
ness

I have nothing else that the power of being me

when i move my pelvis
I belong to me

when I hit the ground
I talk with my spirits

when I song
I talk with my spirits

I am a witch

from my lake
in fulness
with the sun on the snow

I have nothing else that the power of being me
in beauty
I live in beauty
in my moutain
with my wild animals in the vein 

drum roll, guitar solo then fade in and out with bird songs.

the witch is dancing, comme une motarde californienne avec un haut de bikini et pantalon cuir, mais elle a des chaussures de trekking et un pull en laine.

traveling arrière, on passe de la renarde-sirène qui danse en contre jour à un plan large, vue sur l’horizon, les crêtes des montagnes du Jura se découpent nettement par le coucher de soleil très rouge à cause de la neige.

La danse des fleurs est celle des astres.

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Stage intensif de Qi Gong. Travail sur la colonne. “Illuminate your all spine” dit le teacher Xi avec son accent chinois sur une mélodie étirée dans un temps qui n’existe plus. “Back in arched”. Je me sens plante. Va falloir que je m’y habitue. La danse des fleurs est celle des astres, my new research. Thanks Amélie Lavin pour la proposition tremplin. Souvenir du boulot ultra puissant sur la colonne avec la danseuse du paysage / paysagiste de la danse, Christine Quoiraud. De l’échelle “vue sur la montagne” je suis descendue à la dimension “brin d’herbe”. Chacune de mes vertèbres, l’intérieur, je sens l’intérieur de chacune de mes vertèbres, je sens leurs “fibres”, la tête en bas, les bras le long des oreilles je remonte en arc. Gaudi, son architecture basée notamment sur le renversement de structures végétales. Daniel Miracle, pongo una foto de nuestra última instalación en el escritorio de mi ordenador para que no se olvide de venir a verte en Barcelona. Je ne suis plus de chair et d’os mais une plante de fibres et de sève qui fait porter par le vent son mouvement. Mon corps bouge comme une plante. Tout seul. Watcha. Danse butoh mon amour te voilà. Camille Mutel, loin, loin dans le temps ce stage profond écrit dans … l’os. Encore et encore, je deviens plante autrement. “Move your all body naturally.” Debout les pieds joints, les bras le long des oreilles, j’ondule. Dans le vent. De la salle. Tu le sens le champ de Qi ? J’ondule, naturellement, comme une plante. Je suis naturellement une plante. De ma nature profonde, une plante. Ondule.
And then the dragon head. I move my head from left to right in arch and see a happy dragon mask drawing a garland of stars. Each star is a vertebrate. The garland is flowing. Horizontally, my vertebrate constellation dance. The dragon is joking gently. I thing to Wen Chin Fu and her lighted spine costume. I think to you Wen Chin. Now I understand your equable smile.
Je regarde ton sourire immense Gaelle Enchemin, celui que les Rita ont chanté pour Marcia. Heureusement, on n’est pas tous chinois.

Position du lotus. On arrête la récré pour être dans le vide non vide. “Go back home” Je me vois de haut tourner sur moi-même. La danse des astres, un présent de Raji Chorésophe. Damned, je veux contrôler le film, choisir le décor et la mise en scène, l’écran disparaît. Zut. “No judgment, don’t mind”. “don’t mind, don’t mind”, l’a pas fait la fac de philo en France, teacher Xi, les bouffées de chaleur avec Descartes tellement c’est fort le mental qu’on peut en créer du sentiment. Je travaille le judgement et le mind, ça occupe.

Et le son dans tout ça. Concert d’improvisation, featuring da présent. Synchronicité. Les oiseaux, la pluie, les avions. Tout fait sens. Tout est un.
Et le soleil à travers la vitre. Sa respiration, caresse de l’intérieur.
Et les mouches. Et la guêpe fatiguée, fatiguée…
Et mes pets silencieux mais puissants qui me donnent le sourire jusqu’aux oreilles et me font tenir la pose de l’arbre pendant une heure. Ah, l’ouverture de l’articulation sacro-iliaque !

Je rentre à la maison. Le maraîcher bio a fini sa méditation vipassana. Je lui dis : “Aujourd’hui encore je me suis transformée en plante”. Il me répond : ” Notre corps éthérique est végétal. Toutes les nuits nous sommes dans un état végétatif ” et va pisser. Y a bien que pour me taper du tabac à inhaler qu’il est pas détaché.

J’ai bien peur sans avoir peur, Antoine Boute que ma révolution bio ne soit pas hardcore. Faut pas pousser sur le foie. Équanimité oblige.
Liberté et responsabilité. C’est l’anarchie la vraie, celle où t’es pas bourré. Méfie-toi de ce que tu veux tu vas finir par l’avoir. Ma vie de moine dans le monastère du XIIe. Toujours plus loin dans l’ascèse. Malgré moi. Sans moi. Elle s’installe cette frugalité. Cette île qui se replie et déploie comme les ailes de la buse. Les milans royaux sont partis là. Sont super discrets en tout cas.

Tambour dans ma hutte à sudation, merci encore Hoka Cg. Dans le jardin où qu’les moines étaient enterrés – j’avais oublié ce détail, Hoka. Mes animaux de force me sautent dessus tous fous de me voir briller comme ça. Coûtent moins cher en vétérinaire ceux-là, ma tendre Iris Leroyer. On danse en file indienne autour de la hutte. La célébration. L’homme, l’animal de la célébration. Les insectes s’excitent, les oiseaux arrivent de partout. Même l’arbre d’à côté chante, son cuic de grandes branches souples dans le vent.

Puis, je monte taffer au bureau, l’ordi, les téléphones, fixe et mobile, l’internet, mon compte facebook. Christophe Monterlos me demande si j’avance sur le texte. Je lui réponds que je suis à fond. Dans mon monastère, loin de tout, loin de tous, j’écris. Tranquille, à fond. Sans rire, rire.

eden garden

vuechatillon
planter 37 patates mais s’extasier surtout du coin des simples, de sa collection de sorcière.
bêcher, comme on casse un mur. frénétiquement, en rythme.
fini le dance floor, mama marge, fini les grands voyages en Afrique et la pression exacerbée dans les veines.
hello eden garden, la bêche à la main, la transe de la terre calme, loin de la rumba de l’équateur mais dans la brume de la vieille et petite montagne.
sourire devant les salades et fraisiers.
eden garden
les mains dans la boue
fini les illusions de carrière
art contemporain, galery et solo show
what’s the fuck !
les mains dans la boue
je ne comprends plus rien
d’autre
je prends racine
la vie à l’endroit.
rock n’ roll
aussi
grave
avec l’accent fort
mais la subtilité
la subtilité
du cœur
du cœur meuble
c’est mon cœur que je bêche
que je rends meuble
et les plantes me parlent
je ferme les yeux, les cloques dans les mains elle m’apparaissent
avant de dormir, viennent me border
d’amitié les plantes
me disent
regarde comme on pousse et tu pousses avec nous
c’est là que ça se passe
c’est là la vie
et les milans royaux dans les courants chauds
regarde comme on vole, tu vole avec nous
et je
et je
et je
devient rien
et j’oublie je
je deviens autre
et je deviens moi
c’est là que ça se passe
c’est là la vie
eden garden
le tout petit bout de terrain
avec l’accent fort
mais la subtilité
la subtilité
du cœur
du cœur meuble
c’est mon cœur que je bêche
que je rends meuble
et les plantes me poussent
et les rapaces me volent
et c’est pas tranquille la vie à la campagne
et c’est du boulot de vivre
pleinement
et les poisons de l’esprit
c’est eux le boulot
et je m’enfonce
je prends racine
alors je vole
fini les illusions
ma fille
ma belle petite fille
le monde à l’endroit.
le cœur meuble
au bon endroit
tout doux tout doux
ma fille
ma petite fille
je berce le monde dans mes bras.
je tourne les semis dans la véranda et deviens soleil.

militantE

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Il est beau

non, c’est vrai, il rayonne

il a quelque chose de vivant qui sort de son sourire de ses yeux de sa bouche

quand il ouvre sa bouche, ça rayonne

il dit des choses, y a son cœur dedans qui rayonne

il fait les choses, y a son cœur dedans qui rayonne

il est doux

il a les yeux sauvages

tu sais le regard direct et tendre

presque aussi tendre que ce regard à jamais gravé de cet indien croisé dans la forêt indonésienne avec ce sourire d’enfant conservé dans la poésie du conte

il a le regard profond qui déchire la surface de Deep qui vend son âme comme un parfum d’usine dans les halls d’aéroports

il sent la terre

il a les cheveux un peu longs emmêlés, une casquette qui prend la sueur ou une barbe qui dépasse de partout

et ses gros godillots de chantier ou chaussures de marche

et ses grosses vestes trouvées dans les zones de grat’ ou ailleurs

il est direct et doux

il a cette voix grave et posée

qui pose des mots doux qu’ont du sens

quand il parle avec sa barbe autour sous sa grosse veste dans ses gros godillots

il me regarde et me reconnaît

il me parle et prend soin

prend soin de moi comme une autre

quand il parle avec son regard sauvage il me reconnaît

il sait que je ne suis pas lui

il sait que je ne suis pas pour lui

il sait que je suis avec lui

on se reconnaît

on sait les deux qu’on n’existe que dans le lien

on marche dans la forêt ensemble

on marche côte à côte dans cette forêt qu’on défend

ensemble

on marche

je veux aller cueillir avec lui les mauves fleuries au pied des ruines du château de Mirebel

pour faire des tisanes

je veux marcher avec lui le long de l’Ain pour regarder la vitalité de la tendresse qui écume sur les cailloux moussus

il a un sacré accent

il a de la terre dans la bouche

il mâche la terre dans sa bouche

je mange la terre de sa bouche et lui donne ma salive à planter

il plante

il plante dans mon cœur la terre

j’ai la terre qui me pousse dedans

je rayonne

toute seule

ensemble

on marche

et le drapé de mousse sur les pierres de ce sol karstiques s’étale

et la lumière sous les feuillus  nous caresse les graines qui poussent dans nos cœurs

et nos cœurs de terre se plaisent à pousser

et nos cœurs de terre s’ouvrent meubles

et la tendresse nous coulent dedans

et nous sommes couleur miel de cette lumière de printemps sur l’écorce du foyard

je chante

toute seule

ensemble

on marche

dans la forêt qu’on défend

je suis un renard

ma queue fait onduler mon corps

mes pas de canidé font onduler ma queue

avec son chien

on ondule

avec l’Ain

on ondule

avec les plissements du terrain

on ondule

et mon cœur comme un renard joyeux

saute

traverse

creuse

grimpe

grogne

lèche l’amitié

on milite

on est sauvages

directes et doux les cheveux emmêlés ce sourire d’enfant conservé dans la poésie du conte la vitalité de la tendresse la terre dans la bouche

Coulée.

mila coulée

Mila
à 5 du mat depuis 10 ans remplit le vide des étagères de notre société pathogène.
Rayonnant.

elle secoue sa mèche sur le côté. et, ranger les choses de la vie.
Courante.
bien ranger. bien trier. presque par couleur.
Courante, la diarrhée. les choses de la vie chinoise et les packagings vides.
Rayonnant.
le packaging vide.

elle a la vie inter. au bord de la nationale. le marché. couvert de sa capote tôle ondulée.
le monde à la queue leu leu. bien rangé, bien trié.
Vibrant.
le passage à la caisse.

le vide. sur les étagères. dès 5 du mat.
secouer la mèche.

elle est sur le marché. des célibataires. avec enfants.
elle a un cul. un petit cul. de celle qui déprime de s’être fait plaquer. de celle qu’a perdu. de celle qu’a perdu 10 kg, plaquée au bord de la nace. de celle qui court en rond carré dans le parcours rayonné d’une vie coulée.

elle a un cul. un petit cul. c’est son allié préféré.
“J’ai pas froid aux yeux quand il s’agit de sexe”.
elle a pas froid au cul, tout le monde le sent, elle sent le cul qui suinte dans le jean collé et quand on a fini de faire tourner la raclette, dans son salon sans livre elle frotte son sexe contre sa barre de pole dance et comme la lampe du génie, elle raconte qui elle a baisé et qui elle va se faire. et dans l’odeur du fromage fondu, le bruit du lave-vaisselle, apparaissent dans la fumée des clopes sur clopes ses plans cul bien rangés, bien triés. presque par couleur.
Courante, la diarrhée. ce trou qui se creuse à vouloir se remplir du vide.

-Envoie lui un sms !
-Non, arrête.
-Hihihihi.

secouer la mèche sur le côté.

dans le village, on l’appelle la pouf.

c’est pas gentil.
elle est gentille.

elle parle beaucoup. et avec confidence. elle est gentille. c’est la bonne copine. elle parle beaucoup et dans l’affection clope sur clope. elle gentille et parle de ses problèmes et écoute les affections des autres clopes sur clopes. elle est gentille, secoue sa mèche et par soubresaut le stress dans tous ses muscles bloqués irradie la fumée.
elle est gentille, et sur le marché.

“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde.”
elle est gentille
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde.”
elle a un beau sourire
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde.”
elle est triste
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
elle a un beau sourire triste qui attire la peine
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
elle donne envie
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
de la manipuler
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
comme une poupée
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde.”
elle raconte ses boires et ses déboires
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
elle se donne en pâture
“Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
elle donne tous les outils pour
« Mila, c’est pas mon genre, elle couche avec tout le monde. »
elle est gentille. super triste, super vide, comme un sexe sans fond qui pleure au lieu de mouiller, comme un sexe qui crie “je ne suis rien, remplissez-moi, les hommes, car je ne suis rien. je cours dans les rayons vides, avec des boîtes vides, je coule dans le vide, remplissez mon trou, je coule. qu’une bite sacrée comme la carte bleue fasse vibrer mon cul comme une caisse.”

Dans les rayons, bien ranger, bien trier, les bonnes manières de, secouer la mèche, frotter la barre, envoyer les sms aux plans cul, hihihihi. dans le vide. dans le trou. la diarrhée. Courante. dans les rayons. des barres de pole dance. bien rangés, bien triés, presque par couleurs, les sexes se frottent. dans le vide. coulée.

oui, parce qu’elle est gentille
elle est gentille
elle fait ce qu’on lui dit
“J’ai pas froid aux yeux quand il s’agit de sexe »
et dans ses yeux, on lit son sexe. et dans son sourire, le trou béant de son sexe. et dans son sourire triste, le trou néant de son sexe creusé par le vide
elle est gentille
elle fait ce qu’on lui dit
elle est gentille et ses yeux réchauffés des larmes de vie coulée agitent son sexe
pour le désir des autres
elle est gentille
dans les rayons de l’inter, l’industrie chinoise au cul, elle danse la pole en tête de gondole. elle est gentille
et secouer les packagings vides dans le sens de la mèche.

Oui, parce qu’elle est gentille
elle ferme ses yeux sur ses larmes de vie coulée et ouvre son sexe
et on entend son sexe crier comme un mauvais génie frotté trop fort contre la barre de pole
et on entend son sexe crier dans un son feutré incapable de résonner dans le vide des rayons
et on entend son sexe pleurer
et on ne vient pas l’essuyer
et on vient lui pisser
dessus elle
on vient
la manipuler
comme une poupée
lui faire mal
encore et encore
à elle qui ne dit jamais non
qui est si gentille
clope sur clope
cul sur cul
les yeux pas froids
réchauffés
les pleurs
qui agitent le cul
elle est super triste. elle est super nerveuse. elle est super gentille. elle est super dépendante. et elle se frotte contre la barre. et elle lâche pas la barre. mais elle tient pas la barre. et elle tient pas debout sans la barre. et elle pleure de tout son sexe contre la barre. et la barre tient les rayons. et à tous les rayons des barres. Rayonnant.

Mila, c’est bien ton genre car elle couche avec tout le monde.

Mila, c’est bien ton genre car elle astiquera toujours la barre dans la plus pure tradition esclavagiste.

Mila, c’est bien ton genre car tu ne cherches pas à faire mouiller les sexes mais à les faire pleurer.

Tourisme & tourista, même combat, ça fout la merde

pha-208

Relais et châteaux, palaces et résidences haut standing, plages privées ombragées, hôtels et chambres d’hôte, gites et couverts, campings, caravanings, parkings surveillés, cabanes dans les arbres, nuitées en igloo, week-end en yourte, séjours dans le parc des loups, plongées sous la glace, habitats troglodytes, soirées dans l’aven, visite des catacombes, shibari au donjon, vacances à la ferme et woofing des terroirs en appellation géographique protégée.

Footing, trecking, skating, karting, bowling, kayaking, canyoning, rafting, yachting, curling, bling-bling, lifting, botuling, face-sitting, pouding, morphing, tout ce qu’il faut pour ne pas s’emmerding… Accro branche, labyrinthe de maïs animé, structure gonflable, piscine à balles, à vagues, parc à thème, d’aventure, animalier, aquatique, conservatoire d’espèces. Cité de l’espace, futuroscoop, vulcanisia, via ferrata, parcours santé, quad et paint-ball, aquabyke paddle yoga et ski sur l’herbe, tyrolienne et saut à l’élastique en véritable boyau de pauvre, marinas et ports de plaisance, stations d’altitude et putes véritable qualité made in fRance pour milliardaires russes. After d’after d’after au bar à cocktail pour jeunes pétro-saoudiens dorés et pour mémère, sa perruque en cheveux d’Intouchables et ses vingts rangs de perles, ce soir, y’aura d’la zumba dans l’air.

Au paradis des loisirs délicats, s’arsouiller façon VIP du tuning élégamment encanaillés, sachant se mal conduire, d’un petit tour en belle caisse vers la boîte de nuit, boîte privée, night-club libertin attenant au 18 trous du golf et boîte à partouze, au DSKlub, à Bourges Montbéliard ou Agde, sur les chemins de Compostelle par le GR à, à, à la queue-leu-leu… Allez, on arrache son t-shirt, on mouille celui de sa voisine, on fait tourner les serviettes et on fait tournante avec la serveuse, le pourboire est compris, c’est la chenille qui redémarre, en voiture pour la destination touristique ultime, l’acmé des vacances décontractées et contrastées, la quintessence de l’exotisme hexagonal aux quatre coins du territoire, tout un peuple à votre service, à vote servile, à vendre, à prendre, à pendre par les pieds, la fRance a les pattes en l’air, la fRance veut se faire baiser à la hussarde…

Assurance du double-plus bon meilleur accueil. Troussages de domestiques et larbins à humilier, renseignez-vous près du portier ! Toutes nos call-girls sont en porte-jarretelles folkloriques et sur wifi. Grâce aux flux migratoires contrôlés de nos anciennes colonies nous sommes en mesure de vous proposer une diaspora colorée et exotique hygiéniquement sélectionnée. Nous informons nos visiteurs que dans un souci de prophylaxie et de charité chrétienne -et ce malgré les réticences de l’industrie pharmaceutique et des professionnels du tabac- la cigarette a été interdite au moins de douze ans. De ce fait, les fillettes de shows burlesques n’expulseront désormais de leurs vagins que des bulles de savon non testé sur animaux. Calme, Lush et volupté…

Toute une roture refaite plèbe docile en costume traditionnel réglementaire aux heures ouvrables et coiffe picaresque, couvre-chef pittoresque, poulaines et sabots, dessous affriolants.

Et la risette aux visiteurs

et la chansonnette en patois aux clients

valse, scottish et bourrée à l’apéro

tamouré et brise-pied

puis coach-surfing dans nos salons sans préavis

et réquisition de nos lits

et tenir nos toilettes bien propres

et garder nos frigos toujours pleins

et bonne réception, cuisse légère et aguichante pour le gros gras suant touriste, pour la vieille yankee à varices, pour le prince quatari sadique et pervers

et faire VTC pour M. et Mme Ming venus se marier ici où tout est si délicieusement typique, parfum suranné de la douce enfrance de Trenet, deux selfies sous la tour Eiffel, un cadenas pont des Arts et c’est plié…

Un authentique séjour de rêve au pays du tertiaire de masse, des services à la personne et des sévices raffinés. De grands crus d’exception, des éphèbes adolescents et des vierges nubiles, fillettes aux langues agiles et bambins aux anus étroits, morceaux de chair crue ou cuite, de gros bœufs dans nos étables, veaux vaches cochons poulets poulardes canards et oies, foies gras de chômeurs en fin de droits, fesses de caissières à palucher, le cul beurré de la crémière, les miches de nos boulangères et toute une gamme de viennoiseries.

Revivre un village d’hier et les travaux des champs à la main, à l’ancienne, à la dure, à la fraîche, à la trique, à la chicotte ! Une fête au moyen-âge avec cochon grillé et tomates provençales tout juste importées d’Espagne par chariots frigorifiques hypotractés afin de toujours améliorer notre bilan carbone. En matinée et en soirée, en costumes d’époque, en gage de sérieux : écartèlement d’idiots du village et d’anarchistes1 sur la grand place du bourg.

Puis repas préhistorique avec initiation au propulseur, taille de silex, tags crachouillés sur les mains à la bouche, viol en horde, traque de tétraplégiques et autistes avérés (cf, note 1), gâteau à la broche entre deux étouffements à la fouace et petit déjeuner aux tripous avant le dépôt de gerbes, trois galettes c’est des complètes, au truffes et asperges sauvages ramassées de la main d’enfants durablement développés au bio hors-sol raisonné.

Vos papilles découvriront l’extase dans les multiples restaurants gastronomiques où nos chefs étoilés les plus rompus aux méthodes d’assemblages et de réchauffages au micro-onde des meilleurs produits préparés, vous garantissant la satisfaction, où que vous soyez rendu, de la dégustation d’un succulent couscous bourguignon à l’ancienne en verrine où d’une choucroute de la mer façon hawaï glacée à l’azote, puis farandole de berlingots framboise et menthe sur roquette froissée et dés de thon, avec son trait de vinaigre balsamique caramélisé au chalumeau, rehaussée d’une demie tige de ciboulette tranchée dans la longueur et pétales de pissenlit et chardons en émulsion lyophilisée, soles Stravinsky, ris de veau à la purée de cresson, lapin rôti grenobloise, ou encore le prince des mers au nectar des fruits de la Provence et autres saveurs de nos provinces.

Pour une bonne digestion, en sus d’un apport quotidien en fibres, voir combattre des taureaux écornés, des coqs arrogants, des chiens enragés, de sauvages gladiateurs, des chevaliers sans peur, des grognards fidèles, des poilus sacrifiés, des soldats fusillés, prochainement en hommage au débarquement : tonte-party de néo-collabos2 sur le marché ! Pour les collectionneurs futés : les mèches, collector, forcément collector , seront vendues sous sachets scellés.

En cas de petit creux, nos visiteurs pourront profiter de l’excellence du réseau de baraques à frites, camions à pizza, food-truck, kiosques à jus de fruits, distributeurs de bagels, fast-food ruraux, pompes à aligot, carrioles d’écailler, chariots à paella, charrettes de primeurs en julienne, turbines à milk-shake, robinets à smoothie, débits de rhum arrangé, bar à vin, à eau, à chicha, à chocolat, à putes, pour toutou à sa mémère du paragraphe 2, triporteurs à sorbets, caves à digestifs, sandwicherie, pataterie, échoppes à sushis, saveurs d’Orient adaptées au palais occidentaux, fontaines à fromage fondu, crêpes, gaufres, chouquettes, churros, chichi fregi et panisses, plateaux des treize desserts – plus l’omelette norvégienne contre un négligeable supplément fiscalement déductible – vendeurs de paninis ricotta boulettes gnocchi à la sauce libanaise, boutique de cheese-burger merguez à la harissa-ketchup-mayo cornichon beurre et bacon qui maille de la moindre ruelle à nos plus belles avenues commerçantes.

Afin de pallier les éventuels effets délétères des excès inhérents à la richesse d’un voyage hautement humaniste et culinaire, nos hôtes hipsters et hédonistes les plus soucieux de leur santé pourront se frotter à l’ascèse d’un stage détox dans l’un de nos ashrams aux énergies optimisées par la voie d’un aménagement strictement feng shui. S’alterneront sur trois jours phases de jeûne et régime macrobiotique végétalien à base de jus d’herbe, thé vert au Ginseng, cure de bouleau, graines germées, galettes de sarrasin à l’eau harmonisée, tempé et œuf cent ans marinés au soyu ; agrémentés de soins ayurvédiques, Yoga Ashtanga, Qigong taoïste, lavement nasal, irrigation colonique, palpation matricielle, réflexologie plantaire, drainage lymphatique, bougies d’oreille, massage Nuad Bo’rarn, initiation au chant diatonique himalayen, pratique du souffle continu sur didgeridoo, miaou-thérapie au bar à chats, introduction à l’orgasme tantrique et méditation dans l’esprit œcuménique et monastique chrétien de la communauté de Taizé. Ce séjour de développement personnel et d’élévation spirituelle offrira à chacun la plénitude zen d’une sagesse détachée des contingences matérielles et des répercussions iniquement culpabilisantes du tourisme de masse.

Enfin, une intelligente refonte du code du travail dans l’intérêt du reste des salariés et des festivaliers a permis l’avènement d’une totale flexibilité, statutaire, géographique et physique, ainsi que la mise en place d’une réponse répressive sévèrement graduée à toute agitation sociale infondée le temps des festivités

et de faire comprendre qu’il y a un moment où savoir arrêter la grève

et de faire accepter qu’il y a un moment où ne pas faire grève

et faire se faire à l’idée qu’il n’y a plus de droit de grève

et de renoncer aux conflits qui nuisent à l’exécutif

et de juste apprendre à fermer sa gueule

et de positiver de gré ou de force

Cependant, afin d’entretenir le storytelling3 d’un esprit vaguement rebelle et résistant propre à notre populace qui aurait survécu à l’instauration de notre belle démocrature, quelques stériles expérimentations alternatives seront maintenues dans un nombre restreint d’enclaves confinées dans les zones de captation de gaz de schiste par massage de la roche, où une poignée d’espèces en voie de disparition – intelligentsia situationniste, fanatiques syndicalo-libertaires, activistes solidaires, paysans écologistes, djihadistes verts, penseurs humanistes, empathiques compulsifs et autres maniaco-décroissants – pourront se bercer de l’illusion de faire des petites machins dans leur coin et que ça finira bien par faire un monde meilleur… (ah haha hahaha !!!) à base de bière artisanale, de maraîchage biodynamique, de cours de langage signé aux enfants aveugles, de protection de l’environnement, de troc, et de coopératives rurales d’achat de tofu ; le tout diffusé sur grand écran 24/24 grâce à nos aérodynes d’observation UCAV4 jusque dans les lieux de villégiature protégés pour la plus grande joie des vacanciers. Des heures de rire en perspective !

Demain nos mômes coudront des Mao en peluche pour les petits chinois.

Demain nous serons gibiers.

Demain viande à foutre.

Demain tous et toutes bonnes gagneuses.

Demain tous inter-maltraité-e-s du miteux spectacle.

Demain employé-e-s du parc.

Précarisé-e-s du bonheur, platinisé-e-s de l’identité.

Dysneylandisé-e-s de la vie.

À poil jusqu’à l’os…

1 Déficients mentaux certifiés du plan d’Eugénisme Régénérant

2 Réfractaires asociales se refusant aux caprices légitimes de la clientèle étrangère. Vous ne manquerez pas de noter au passage, l’ironie un peu potache de nos législateurs, issus, par transmission de mandat que concède l’excellence sélective du népotisme, des meilleures lignées de l’ancien régime

3 Issus des travaux émérites de nos éminents communicants-propagandistes, vulgairement désignés sous le vocable de publicitaire

4 Unmanned combat aerial vehicle